Il y avait une fois, dans un monastère, un jeune moine
Plein d’espoir et du désir d’étudier, pour se perfectionner,
Pour avancer plus vite sur la Roue de la Vie, et par ses mérites,
Réduire le nombre d'incarnations qu'il lui resterait à accomplir avant de
S'Accomplir.
Lorsqu’il arriva, le Supérieur du temple commença à lui faire balayer la cour,
Tous les jours, pendant des mois et des mois.
Ou encore, lorsqu’il avait un moment, on l’envoyait aux cuisines,
Aider à éplucher les légumes.
Et bien qu’il ait fait part de son désir ardent de poursuivre ses études,
Cela dura comme cela plusieurs années.
Plusieurs années à balayer la cour du temple ...
Pour se donner du courage, il chantait des chants qu’il inventait,
Des chants qui lui venaient, tout simplement.
Un jour, le Supérieur du temple fit sa transition vers d’autres plans de conscience, et il fut remplacé par un autre ...
Le moine balayeur alla trouver le nouveau Supérieur et réitéra sa demande de participer aux différentes classes ...
Plusieurs années avaient déjà passé depuis son arrivée au temple ...
Mais le Supérieur, à nouveau, et comme son prédécesseur,
Renvoya le moine en lui disant de continuer à balayer la cour,
Comme il le faisait si bien depuis plusieurs années, et précisément
Parce qu’il le faisait si bien depuis plusieurs années.
Alors le moine continua de balayer, ...
Mais au cours des années il en conçut un sentiment d’injustice tel que finalement, un jour, il s’enfuit du temple.
Dans le désert, il rencontra une sorte de caravane qui allait de l’autre côté du désert, comme lui et, avec leur autorisation, il se joignit aux voyageurs.
Lorsque le soir arriva, il se préoccupa de n’avoir rien pour manger ni pour dormir,
Mais les voyageurs le rassurèrent aussitôt.
Nous n’avons rien, nous non plus,
Mais nous n’avons pas à nous en préoccuper.
Nous chanterons des Bajans (chants sacrés) inventés par un Saint homme
Et nous aurons immédiatement le gîte et le couvert pour la nuit,
Que nous passerons en toute sécurité.
Alors, ils entamèrent les Bajans, et aussitôt, l’endroit où ils avaient fait halte
Se couvrit de feux de camps, où mijotaient des plats merveilleux,
Et de tentes pour la nuit.
Le moine, la gorge serrée, écoutait, et ne disait mot, car il venait de reconnaître, dans ces Bajans, les chants qu’il inventait en balayant
La cour de son temple.
Aussi, le lendemain matin, prenant juste un peu d’eau, il remercia chaleureusement ses hôtes, et reprit le chemin du temple où le Supérieur et toute la communauté l’accueillirent dans la joie
Et la simplicité, ...
Et il continua à balayer la cour en chantant.
Alors, de même, savons-nous ce qui est bon pour nous ?
Et savons-nous ce qui, en nous,
Est bon pour le monde ?[i]